05 décembre 2007
Interview with Meryem Valo
Chanteuse, dessinatrice, étudiante en journalisme et rédactrice en chef d'un webzine. Meryem Valo est tout cela à la fois, la starlette aux multiples facettes répond à notre interview...
1-Il y a 3 ans de cela tu faisais partie du groupe culte féminin des Glam Insane, alors chanson et journalisme font-ils la paire?
Oui je faisais partie des Glam Insane, et notre groupe est loin d'etre culte :)Pour en revenir à ta question: je pense que oui, journalisme et musique font la paire. Etre journaliste permet de rencontrer des artistes (en faisant des interviews ou autres) qui peuvent t'aider dans ton parcours musical, et vice versa.
2- Certaines personnes se plaisent à comparer ton groupe aux "Mystic moods" Comment tu vois cette comparaison?
Je ne dirais pas qu'on nous compare, mais plutot qu'on nous associe. C'est à dire que les 3/4 des articles qui parlent des Glam Insane, parlent aussi des Mystic Moods, et c'est tout à fait normal.
Quand nos 2 groupes jouaient encore, nous étions les seuls groupes Rock-Metal 100 % féminin du Maroc. C'était donc logique pour la presse (et pour nous aussi) d'écrire sur nous 2. Mais musicalement je pense que les gens qui s'y connaissent en rock-metal faisaient très bien la différence entre nous :)
3- Tu voudrais plutôt qu'on vous compare au groupe Finlandais HIM( Et par conséquent à ton chouchou Valo :))...
Euuh non je ne dirais pas ca :) Déjà je ne pourrais JAMAIS chanter comme le chanteur de HIM ! Il a des capacités vocales impressionnantes. Sinon c'est vrai que HIM font partis des influences de certaines membres du groupe, mais cela ne s'est jamais réellement ressenti sur notre musique :) Ce que nous faisions etait loin de ressembler à du love metal ! Et s'il y a une chose que je n'aimerais pas, c'est qu'un jour on nous qualifie de "pâle copie" de tel ou tel groupe. Je pense que c'est ce qu'il y a de pire pour un groupe débutant. Ca veut dire qu'il ne fait preuve d'aucune créativité :)
4- Quel avenir te laissent présager les rencontres culturelles telles "le boulevard des jeunes musiciens", pour la scène underground marocaine?
Je pense que la scène underground marocaine ne s'est jamais aussi bien portée qu'en ce moment. Le Boulevard prends des proportions incroyables, des artistes de plus en plus connus y viennent, et la presse a compris qu'il s'agit d'un événement incontournable! Les artistes de la scène marocaine alternatif sont de plus en plus sollicités par la presse locale et étrangère et ca montre que les choses ont vraiment changé ces dernières années. On a meme des groupes comme Hoba, H-Kayne ou Darga qui font des tournées à l'etranger! C'est quand même super! Et je pense que tout ca n'est que le début... les choses vont encore plus bouger à l'avenir :)
propos recueillis par moi ;-)
04 décembre 2007
Rêves de femmes
Voici quelques beaux et très signifiants extraits qui m'ont marqué lors de la lecture du grand chef d'oeuvre littéraire de la sociologue marocaine Fatéma Mernissi intitulé "Rêves de femmes". Ce roman se veut un voyage immobile au coeur des harems marocains des années 40.
Premier extrait"...Je n'étais pas autorisée à quitter notre seuil et à jouer dans la cour, le matin, avant le réveil de ma mère, ce qui voulait dire que je devais m'amuser de 6 à 8 heures sans faire de bruit. Je pouvais m'asseoir sur le seuil de marbre blanc et froid, mais je devais résister à l'envie de rejoindre mes cousins, plus âgés, déjà en train de jouer (...) Je posais donc mon petit coussin sur le seuil et je jouais à lemsaria bel glass (littéralement : la promenade assise), un jeu que j'ai inventé à cette époque et que je trouve encore très utile à présent. Il suffit de trois conditions pour jouer. La première est d'être bloquée quelque part, la deuxième d'avoir une place pour s'asseoir, la troisième d'être capable d'assez d'humilité pour estimer que son temps n'a aucune valeur. Le jeu consiste à observer un terrain familier comme s'il vous était étranger."
Il faut dire que ladite promenade assise est devenue l'un de mes passe-temps favoris depuis la lecture de ce roman... Deuxième extrait: " Quand Allah a créé la terre, disait mon père, il avait de bonnes raisons pour séparer les hommes des femmes, et déployer toute une mer entre chrétiens et musulmans. L'ordre et l'harmonie n'existent que lorsque chaque groupe respecte les hududs. Toute transgression entraîne forcément anarchie et malheur. Mais les femmes ne pensaient qu'à trangresser les limites. Elles étaient obsédées par le monde qui existait au-delà du portail. Elles fantasmaient à longueur de journée, se pavanaient dans les rues imaginaires. Et pendant ce temps-là, les chrétiens continuaient de traverser la mer, semant la mort et le chaos. Les malheurs, comme les vents froids,viennent du nord. Et nous nous tournonns vers l'est pour prier. La mecque est loin, mais vos prières peuvent l'atteindre si vous savez vous concentrer. On m'initierait à la concentration au moment opportun. Les soldats espagnols campaient au nord de Fès, et même oncle Ali et mon père qui étaient de puissants notables dans la ville et exerçaient une autorité incontestée à la maison, étaient obligés de demander une autorisation de Madrid pour assister au festival religieux de Moulay Abdesslam, près de Tanger, à trois cents kilomètres de chez nous. Mais les soldats stationnés devant notre porte appartenaient à une autre tribu. Ils étaient français, chrétiens comme les espagnols, mais parlant une autre langue. Ils habitaient un autre pays situé encore plus au nord. Paris est le nom de leur capitale. Cousin Samir disait que Paris est à deux mille kilomètres, deux fois plus loin que Madrid, et que ses habitants sont deux fois plus féroces. Les chrétiens comme les musulmans se battent entre eux tout le temps. Les français et les espagnols se sont pratiquement étripés sur notre sol. Puis comme ils n'ont pas pu s'extrerminer mutuellement, ils ont décidé de découper le Maroc en deux."
02 décembre 2007
Benslimane
(photo du golf royal de Benslimane)
Chênes-lièges séculaires, sapins, eucalyptus, près fleuris s'expriment librement au coeur du golf royal de Benslimane. Un immense lac s'étale sur toute la longueur du club, fait rêver tous les amoureux de la nature étant une belle créature de l'architecte David Cohen.
Qu'en est-il de vos envies? Voudriez-vous vous offrir une bouffée d'air frais et sain? Vous êtes servis, car à Benslimane le visiteur est roi. Le village le plus verdâtre du royaume est connu par sa nature radieuse et son microclimat exceptionnel, chose qui fait de lui une destination golfique de rêve. Bref, les week ends y sont inoubliables, au milieu d'une verdure infinie...
Bercé par la brise de l'Atlantique, Benslimane est protégé de toutes les influences de la pollution. Mais malheureusement les rencontres culturelles n'y sont pas nombreuses: Un festival printanier presque anonyme (même google ne le connait pas très bien, puisque les médias n'en parlent que furtivement), quelques randonnées juste quand les visiteurs venant d'autres régions marocaines s'y mettent, et puis l'habituel silence regagne fièrement la zone...
Les férues de la scène underground
Elle bouge, la scène underground marocaine...Beau souvenir: Un reportage sur la première édition des fameux M'ghrib music awards organisés par nos amies Karima, Layal, Meryem et Ayla, diffusé sur 2M il y a quelques mois...








